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Figures locales

Lundi 14 août 2006
Dimanche 13 août , 16H00

Temps d'automne en Brie champenoise. Pluie battante ininterrompue tout au long de la journée.

Un groupe de visiteurs, trois ou quatre au plus, sont là, trempés jusqu'aux os, dans le cimetière, recueillis devant le cénotaphe d'Émilien de Nieuwerkerke.

" Emilien de Nieuwerkerke, ministre de Napoléon III ", peut-on lire sur ce monument funéraire volumineux et austère, placé au centre de ce petit cimetière de village.

Sans doute sont-ce des membres du " Souvenir napoléonien " ou des férus d'histoire impériale ayant tracé pour ce 13 août un itinéraire axonais de lieux de mémoire ?

Voilà qui devrait inciter VSD à faire mieux connaître l'existence de la tombe de ce grand homme local, Surintendant des beaux arts durant la majeure partie du Second Empire, Sénateur de l'Aisne, auprès des réseaux qui contribuent à la connaissance des deux Empires, comme l'association des villes impériales ou les sites web consacrés à Napoléon Ier et à Napoléon III ( voir notre rubrique " Liens " ).

...À faire connaitre aussi et diffuser sa biographie : notre site VSD-le village y pouvoiera bientôt en en publiant l'essentiel et les liens d'Émilien de Nieuwerkerke avec Villiers-Saint-Denis.

En attendant, on peut consulter l'article qui lui est consacré dans l'encyclopédie électronique Wikipédia, dont l'adresse web figure parmi les liens recommandés sur notre site.

                                               * * *

Portes ouvertes à l'église,  ce même jour.

L'association " Villiers-Saint-Denis historique "  et sa présidente madame RUELLE, actrices du renouveau et de l'animation patrimoniale de l'édifice, attendent les visiteurs, peu nombreux en ce dimanche frais et maussade.

Dommage : le " Saint Fiacre ", réaccroché, au terme d'une restauration remarquable, à l'initiative de l'association, de cette grande et belle toile du XVIIIème siècle, est à voir absolument, parmi d'autres richesses, sous les voûtes romanes.

Pour en savoir plus sur l'association, consulter le site web des communautés de communes du sud de l'Aisne, qui lui consacre une page : cliquer sur " Villiers-Saint-Denis historique " parmi les liens du présent site.
Par Michel Aêt
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Mardi 19 septembre 2006
La politique est un métier.

Monsieur Georges FOURRÉ est kinésithérapeute.

Ce candidat vient d'adresser aux habitants de VSD, sur papier glacé, un document de campagne électorale, à l'occasion de l'élection cantonale partielle prochaine dans le canton de Charly-sur-Marne.

2 pages : l'une pour énumérer succinctement les compétences du conseil général, se présenter en quelques lignes,  légende d'une photo de lui-même, à défaut de "Légende d'un homme" : il est vrai que le scrutin local n'est pas le scrutin présidentiel, et les candidats... non providentiels.

Au passage, distrait sans doute, il oublie de préciser son étiquette politique : étourdi, va !

L'autre page, au verso, est consacrée à ses adversaires : il y cite 7 fois - rien moins - monsieur DUTREIL, dont il reproduit au surplus la photo, et 3 fois Monsieur CAPLIEZ, son concurrent.

Il croit ainsi les éreinter.

Monsieur FOURRÉ ne semble pas encore connaître l'un des fondamentaux de la politique, savamment rappelé un jour par l'excellent Edgar FAURE (1) : "Qu'on parle de moi en bien ou en mal, l'essentiel est qu'on parle de moi".

Monsieur CAPLIEZ, en homme de cabinet, doit sourire sous cape.

Monsieur FOURRÉ, kinésithérapeute, a des mains d'or ...non pour tenir un stylo, mais pour masser.

À chacun son cabinet...?

Aux urnes de parler.

(1) À propos d'Edgar FAURE, consulter la fiche biographique que lui consacre le site web de l'Académie Française dont il fut membre :

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=657
Par Michel Aêt
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Mardi 24 octobre 2006
Portrait circonstancié à dessiner sur ce blog un jour, celui de monsieur HOCHET.
Premier griffonnage, première esquisse aujourd'hui, pour contribuer à sa construction:

L'homme a la barbe fleurie, aux gris foisonnants sur un visage large et jovial. Elle est broussailleuse comme les parcelles où il chasse, tant il est vrai que si l'homme en Brie façonne la terre et modèle ses paysages, la terre, elle, semble façonner les visages de ses fils, au fil des ans, à son image.

Où ne croise-t-on pas monsieur HOCHET ? Il est à Villiers-Saint-Denis, à Charly-sur-Marne, à Bézu-le-Guéry dans une même matinée, il est une forme humaine du mouvement perpétuel.

Monsieur HOCHET peint, Monsieur HOCHET joue d'un instrument, et du cor de chasse en l'occurrence.

Monsieur HOCHET parle et parle bien, du village, des gens, de l'histoire de la commune, de chasse, de musique, et de tant d'autres choses encore; sa faconde est sympathique et fluviale, son extraversion est naturelle, ses convictions politiques s'écrivent au féminin singulier : son parti est madame HOCHET. Il est, à lui seul déjà,  le parti du  maire.

Certains hommes, avec l'âge, s'étiolent, deviennent l'ombre d'eux-mêmes; Monsieur HOCHET, pour sa part, se ferait presque de l'ombre tant la suractivité lui laisse que de trop rares instants pour vivre seul avec lui-même.    

Inlassable curieux des mille replis d'une nature humaine qu'il scrute à travers chaque visage croisé, il écoute en parlant, parle en écoutant, raconte, portraiture, conseille, anime : tout en lui a la marque des suds, une empreinte de méridionalité de l'esprit, une sanguinité affleurante.

Car chaque contrée a son sud, où les modes de vie varient par rapport à ceux des nords : l'Aisne, si septentrionale pourtant, a le sien et c'est ici, dans le canton de Charly-sur-Marne qu'il se trouve et singulièrement à Villiers-Saint-Denis.

Qu'on scrute nos paysages, qu'on observe nos coteaux sous les cieux d'automne et l'on comprendra vite ce prisme qui nous modèle inconsciemment.

Chaque village
aussi dans ce sud-là, où qu'il se trouve posé sur la carte géographique  a ses méridionaux, qui ont le sud à l'âme : VSD a le sien et c'est  monsieur HOCHET.
Par Michel Aêt
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Vendredi 27 octobre 2006
 
Il est là, dans sa vigne, à vingt mètres.

 L’homme est de petite taille ; il est vêtu drôlement, non sans une certaine recherche d’ailleurs, d’un gilet de laine sous lequel s’aperçoivent une chemise à carreaux aux tons comme passés avec le temps, rouges délavés et jaunes virés à l’ocre au fil des lessives, et, en sous-couche, une sorte de maillot de corps d’un blanc terni par des années d’usage.

La grosse jeep blanche est garée au bord du chemin, un élégant defender dont la porte arrière ouvre sur des caisses jaunes, déjà rangées.

Le pantalon a la couleur kaki des tenues de chasse et les gros souliers de cuir l’installent dans sa parcelle comme un socle sa statue.

L’aborder fut simple. Le soir venait, le travail s’achevait et l’envie de parler enfin à des passants, rares ce jour-là, avait du le tarauder longtemps et le saisissait soudain à notre vue, histoire de tromper peut-être cette pointe d’angoisse atteignant parfois l’homme seul au crépuscule, dans le couloir de grêle, là, face au flanc de colline qui semble prêt à le happer et le domine de son ovalité imposante alors qu’il lève enfin la tête, fourbu.

Pointe d’angoisse qui peut saisir tout homme, eût-il le caractère le mieux trempé, même chez ces "terriens" d’immémoriale rusticité psychologique qu’il faudrait des abîmes de drames pour mettre à mal.

Le personnage était-il de ceux-là, peut-être.

Toujours est-il qu’il nous parla justement de ce couloir de grêle, qui sur le dos de la colline trace une ligne imaginaire, sur un axe allant de la Grange, là-bas, au-delà de la Guilloterie jusqu’à la ferme de la Louvière.

Sa  main,  rugueuse, au  bout d’un bras court et qui semble épais sous l’étoffe,  figure ce trait destructeur  que  je  semble  entrevoir  soudain  sous  le  ciel  plombé  de ce  samedi  d’automne  encore  doux,  surgissant  en   trombes  et   hallebardes,  un  matin  d’avril.

Puis  il  nous  parle  des  femmes,  de  ces  filles uniques par lesquelles se transmettent les vignes, chez lui, depuis des générations ; ce mouvement régulier de métronome qui donne à la transmission dans certaines grandes familles vigneronnes un rythme matriarcal, imperturbable et femelle, créant un va-et-vient entre mères et filles, entre parcelles d’amour et pièces de vignes ; entre filles et mères ; entre elles et elles.

Il évoque aussi la dispersion des parcelles, courues d’un village à l’autre par lui au fil des saisons. 

Oui, dispersées pour se prémunir du risque d’une grêle ravageuse ou d’un gel tardif auxquels expose toute propriété d’un seul tenant.

Il s’intéresse au chien, qui file entre nos jambes et nous parle du sien ; l’œil est vif sous des lunettes vieil or.

Son teint est mat, les soleils de Brie l’on patiné sur les coteaux.

Je le vois s’éloigner, refusant poliment notre aide pour porter ses six caisses, trois dans chaque main, descendant le chemin à la vitesse du coolie, équilibrant ses faix par la marche… dans cet équilibre dynamique qui fait avancer l’homme du terroir, rompu de fatigue, en cet ultime effort vespéral qu’il devine ce soir observé dans son dos par des regards de néophyte.

D’où venait l’homme ? Etait-ce un Crouttat ou un Carlésien ? Comment s’appelait-il déjà ? Je ne sais plus très bien : "Burg..., Burguon, Burg...peut-être bien  Burgrave".

Burgrave : «  Ancien titre de dignité en Allemagne ; seigneur d’un lieu » dit le Littré. C’était bien cela : ce soir, l’homme entre deux âges, était seigneur en sa parcelle, avec cette sagesse irradiante de grand-père distingué, attentif aux enfants, agréable à écouter, hospitalier, disert.

Instants vécus à VSD, simples, de cette précieuse simplicité qui rend les rencontres fortuites au coin d’une vigne des moments rares, où le vigneron se montre sous son jour humaniste, pacifique, philosophe, respectueux des équilibres naturels que la viticulture apprend à observer, respecter, perpétuer.
Par Michel Aêt
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Lundi 18 décembre 2006
La vinaigrie est un hibryde particulièrement prolifique dans les villages; tous les villages.
Dans les quartiers de ville aussi d'ailleurs : elle n'est pas une émanation de la seule campagne française mais prolifère dans tous les lieux habités, comme l'algue taxifolia sur les fonds marins.
Elle est le mélange détonant, parfois furieux, souvent acariâtre, du pisse-vinaigre et de l'aigri(e), deux êtres courants, difficiles à domestiquer, à civiliser, à rendre présentable au commun des mortels.
Ce croisement génère des individus des deux sexes, à parts probablement égales (1) aux dires des observateurs de l'espèce, dont une délégation était de passage à VSD ces temps-ci.
A leurs yeux, pas d'inquiétude : la population des vinaigries est stable, au ratio de 3 % , et leur diagnostic ne laisse redouter aucun risque de prolifération.
La vinaigrie se rencontre le plus souvent aux entrées et sorties d'écoles, dans les villages où, faute de commerces, elles ne s'égarent hors de leur repaire que pour accompagner leur progéniture. Par bonheur, la transmission des gênes de la vinaigrie n'est pas vérifiée par les généticiens et nombre d'experts s'entendent sur le caractère non héréditaire de ses éléments constitutifs.
La vinaigrie est à l'espèce humaine ce que le bolet Satan est à celle des cèpes : d'aspect presque identique mais porteuse de substances poivrées, corrosives, astringentes.
Son aspect physique est variable, comme sa vêture, rendant l'identification des sujets aléatoire, exposant en conséquence le commun des mortels au risque permanent d'une rencontre.

Comme les cnidaires en général, êtres diploblastiques, munis de cellules urticantes et la méduse en particulier, la vinaigrie vient d'abord au contact, se faisant le moins visible voire se montrant caressante.
C'est là que, mûe par des courants internes irréfragables, la vinaigrie est saisie de pulsions sourdes et immaîtrisées, émergent du plus profond des viscères comme le calmar géant émerge soudain de l'abysse, générant la décharge venimeuse.
Le venin de la vinaigrie est verbal. On parle à son sujet d' "expulsion verbale" pour qualifier cette effusion, volcanique, de mots.
La réactivité des victimes à la production venimeuse est variable, et fonction des défenses immunitaires de chaque individu atteint.

Comme le nageur piqué par la méduse, la victime de la vinaigrie prend ensuite ses précautions.
C'est pourquoi le visiteur de nos villages observe avec le regard surpris de l'anthropologue en mission ces valses des mères de famille, cette danse de l'évitement (2), de l'esquive, qui conduit certaines d'entre elles à en éviter d'autres sur le chemin de l'école ou dans les rues du bourg.
Certains métiers à risque, faute de l'existence d'un vaccin, exposent leurs membres au danger de la maladie professionnelle transmise par la vinaigrie : la misanthropie galopante.
Il s'agit principalement et non exhaustivement bien sûr des maîtres d'école, des élus locaux, des médecins, des livreurs à domicile, des infirmières libérales, des écclésiastiques, des artisans, des postiers ainsi que des préposés relevant les compteurs à gaz.
Les remèdes à la misanthropie galopante sont frugaux : prendre un bol d'air pur, marchant  sur le chemin des vignes en croquant une grappe de raisins laissée sur le cep après la vendange, et dont le jus sucré issu de grains déjà flétris, dissout l'amertume du vinaigrin, le venin de la vinaigrie.
Par bonheur, ces chemins sont nombreux et superbes à VSD, de sorte que la misanthropie y est une maladie très efficacement combattue...

(1) Toutefois les études du laboratoire de sociologie appliquée des comportements humains atypiques de l'université de Valparaiso a fait le constat d'une longévité moindre des spécimens mâles, sujets au mal-être et rongés par la dépression alcoolique, mais il est vrai à partir de l'analyse d'une population sud-américaine aux caractéristiques physiques sans doute différentes de la population européenne, nécessitant donc une relativisation des conclusions de ces observations.

(2) Le mot évitement est à lire ici dans son acception étymologique, telle que nous la donne "Le petit Larousse": "n.m. 1.PSYCHOL.Réaction d'évitement, par laquelle un être vivant évite, apprend à éviter un stimulus donné."(Le petit Larousse illustré, 1990,p.397)
Par Michel Aêt
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Villiers-Saint-Denis (VSD) : trois lettres en vert et or

Il y a des VSD en Scandinavie (une importante société norvégienne de consulting en logistique : http://www.vsd.no).

Il y a aussi, bien sûr, VSD, le journal (http://www.vsd.fr): titre de presse bien connu, qu'on lit aussi à VSD : comprenez Villiers-Saint-Denis !

Mais il y a d'abord pour nous " VSD, le village ", notre village de  Brie champenoise, dont l'église du XIIème siècle rappelle, avec son clocher incliné, l'Histoire médiévale de son peuplement.

Depuis 1970, Villiers-sur-Marne, dans l'Aisne, est devenue..."VSD", Villiers-Saint-Denis, pour se distinguer de son homonyme du Val-de-Marne mais aussi pour faire référence à l'invocation très ancienne à Saint Denis dont une statue du XVIème siècle est à découvrir dans l'église.

VSD : trois lettres en vert et or : vert comme ses vignobles en été, or comme ses blés mûrs à l'heure de la moisson.

Villiers-Saint-Denis, VSD, le village en direct, c'est ici...
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