Présentation

Concours

Recommander

Texte libre

 

 

W3C

  • Flux RSS des articles

Publicité

Carnets du quotidien

Lundi 24 juillet 2006
Dimanche 23 juillet 2006,13H00.

Chaleur de plomb sur le village, où les habitants se sont repliés dans les îlots de fraîcheur que les murs de leurs briardes préservent encore, au plus brûlant d'un nouvel été caniculaire.

De la route de Charly, on aperçoit sur les coteaux de Villiers le sillage ocre de nuageuse poussière qu'une moissonneuse-batteuse laisse derrière elle.

À cette heure méridienne, sur ces hauteurs d'où l'on domine la Marne, un paysan fait avancer son blindé vers la crête, traversant, solitaire, cette mer de blés qu'aucun souffle ne fait onduler...

Vue du village, à hauteur du Bas Rez, l'image a quelque chose de conquérant et de guerrier mais le pilote coupe le blé mûr sur ce sommet d'une colline dont les vignes festonnent le flanc : jaunes et verts mêlés au coeur de l'été dans ce tableau agreste, illustration de la richesse d'une terre porteuse d' espérances immémoriales, celles des temps de récoltes.


À la même heure, au Liban, d'autres blindés sèment la mort sur leurs itinéraires, implacables dans leur processus de destruction, labourant des sols fertiles, il y a peu encore porteurs, eux aussi, de l'espérance des moissons...

À la radio, dans sa cabine de pilotage, le paysan sur la colline  entend le récit de leur cheminement, au journal de 13H00...

Sic transit gloria mundi.
Par Michel Aêt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 31 juillet 2006
28 juillet ; 7H30.

Sur la route de Crouttes-sur-Marne, à l'entrée du village, traces d'un passage de sangliers très récent.

L'entrée d'une vigne et le côté droit de la route sont labourés, remués.

Une terre noire, humide et ameublie, oblige le chauffeur à faire un écart.

Elle porte encore l'empreinte des bêtes.

Les " matinales "de Villiers-Saint-Denis, en plein été, peuvent être fauves...

18 juillet en soirée.

Une trentaine de personnes ont pris place sur des bancs de bois, sous le petit chapiteau du cirque franco-belge, dans le jardin public qui sert de place de village.

Spectacle presque touchant tant les numéros présentés sont quasiment dénués de toute mise en scène, de toute " mise en piste ", le fruit d'efforts et d'entraînements collectifs d'une petite famille de braves gens à la merci sans doute du plus précaire, s'ils devaient renoncer.

Le petit de 5 ans fait un numéro de gymnastique avec l'aide du père ; un autre s'essaie à jongler, à 9-10 ans, et ses maladresses désolent des spectateurs attentifs, applaudissant, encourageant, participant par leur présence aux tentatives presque pathétiques d'une sympathique famille du Nord de s'accrocher au monde du cirque et d'éviter le RMI en donnant de la joie aux petits et aux grands.

Le lama sent le fauve affreusement, le petit Shetland, lui, est splendide - joyau de la compagnie sans doute - , et le père, genre " fort des Halles ", compense aux anneaux, aux exercices d'adresse sur des chaises, les défaillances de la soirée.

Un petit parisien présent, spectateur des Pinder et Bouglione de la pelouse de Reuilly, après la déception des premiers instants, se laisse absorber par l'ambiance bon enfant, bruyante, poussièreuse et par l'improvisation.

La magie du cirque a joué ce soir à Villiers-Saint-Denis, malgré la sono défaillante...et malgré ( ou grâce à ? ) des artistes en herbe.

En quittant le spectacle, on apercoit le père en marcel, sortant de sa petite caravane des années 60 garée au pied du Château.

Un petit chien fait des sauts désespérés, à s'en rompre les reins, pour tenter d'entrer dans le box du poney.

Oui, même les chiens se font acrobate pour retenir les spectateurs, dans cette petite famille.

Pour eux tous, c'est  en quelque sorte " le cirque ou la mort ".

Demain ils seront à Charly, à Domptin et ailleurs.

Jusqu'à quand ?

Qu'un inspecteur du travail zélé vienne un soir et ...

Merci à madame le maire de Villiers de les avoir autorisés à s'installer au village.

Ce soir à VSD la fragilité de la vie, l'éphémère de l'existence, l'instinct de survie saisissaient confusément le spectateur, sous ce petit chapiteau empli de cris et de rires.

La vie, " une fête en larmes ", a écrit Jean d'Ormesson.
Par Michel Aêt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 1 août 2006
À Villiers-Saint-Denis, le temps serait-il parfois "immobile", pour reprendre le titre des mémoires de Claude Mauriac ?

Il suffit , un matin d'été, tandis que de légères brumes achèvent de se dissiper au loin, dans la vallée de la Marne, de descendre des hauteurs de Villiers, là où la départementale 842 offre des panoramas somptueux, vers le centre du village par la rue de la cressonnière.

Après avoir franchi le Grand rû, on aperçoit le vieux lavoir : comme autrefois, une lavandière - parfois plusieurs - y lave son linge ; le patchwork des couleurs de tissus se reflète dans l'eau apaisée, entre deux séries de rudes coups que lui assène de ses mains vigoureuses une plantureuse et sympathique septuagénaire.

On la voit aussi, pour des usages culinaires sans doute, emplir ses bouteilles de l'eau qui coule à ce lavoir, et que de petits garcons viennent boire, leurs mains jointes en forme de coupelles.

Elle paraît douce et peu calcaire, celle qu'aucun panneau ne déclare impropre à la consommation.

Où sont-ils les villages à une heure de Paris où se goûte ainsi l'eau, comme celle d'un torrent de montagne ?

Où sont-ils, ceux où les lavoirs vivent encore leur vie de lavoir et non de monument historique protégé, inscrit à l'Inventaire, restauré à grands frais et à coup de subventions publiques, comme mis sous cloche pour faire durer la mémoire de ses fonctions passées et celle des voix de femmes dont l'écho s'est depuis longtemps perdu dans l'immense nuit des générations disparues ?

...ces voix qui, d'un bord à l'autre du bassin, ont inlassablement exprimé joies et chagrins, cris et pleurs, peurs et rumeurs.

Mères de soldats de l'Empire perdus à Vilnius ou sur les bords de la Bérézina, mères de conscrits d'août 14 partis la fleur au fusil, mères de résistants fusillés, l'eau du lavoir de Villiers-Saint-Denis semble constituée de vos larmes quand je la regarde, ce dimanche 30 juillet, inerte, pas même irisée par un souffle d'air en ce jour d'été chaud, impeccable miroir où semblent encore se refléter vos visages oubliés.
Par Michel Aêt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 3 août 2006
L'un marchait, mercredi 2 août, sur le chemin caillouteux qui longe le Grand rû, de la route de la cressonnière jusqu'aux vignes : vrai Talweg...

À mi-chemin, une frêle passerelle enjambe le rû pour permettre l'accès à l'une des plus vieilles maisons de VSD, construite sur la rive de ce petit cours d'eau.

Il est 16H00, un ciel d'Ile-de-france, mêlant harmonieusement les gris souris et les gris anthracite des nuages au bleu de l'infini donne aux collines des éclairages superbes et contrastés : ombres et lumières sur la Brie...

Un randonneur, jumelles autour du cou en guise de signature involontaire et naïve de son immiction dans notre communauté villageoise, croise un vieil homme courbé par les ans, dans son bleu de travail d'une impeccable propreté; il avance sans hâte, voûté, presque las, sur le chemin.

Bribe de conversation surprise au hasard du chemin :

    - Bonjour monsieur !
    - Bonjour !
    - Vous êtes l'occupant de cette belle maisdon ?
    - Oui.
    - Elle a au moins 200 ans, non ?
    - Au moins, plutôt 300 ...
    - Vous y êtes né ?
    - J'y suis né !
    - Bonne journée !
    - merci, vous aussi !

Autour de 1706 ...la bâtisse était donc là, en cette fin du règne de Louis XIV, douloureuse pour les paysans français, tandis que la guerre d'Espagne nous épuisait et que sévissaient de terribles famines.

À Villiers, qui de dénommait alors Villiers-sur-Marne, des fermes flambant neuve s'y construisaient néanmoins, attestant que la Brie champenoise, déjà, savait tirer son épingle du jeu...

La belle briarde a fière allure encore, quelques 300 ans plus tard, sans avoir pourtant été rénovée, comme tant d'autres, dans la région

                                                ***

L'  autre randonneur, une randonneuse en l'occurence, d'évidence épuisée, de la boue jusqu'au genou, sortant des vignes, hèle la voiture qui monte vers Crouttes, du milieu de la route où elle se trouve, bras levés, ce jeudi vers 11H30.

Elle monte à bord, raconte sa marche avec une vingtaine de randonneurs venus de Paris, depuis 7H00 ce matin, à travers vignes et bois : 8 kms depuis Nanteuil ; vingt kilomètres restant à parcourir au moment où elle décroche, vers 10H00 du matin, physiquement incapable de poursuivre l'effort en cette journée pluvieuse, fraîche, maussade.

Sa silhouette au ciré jaune s'aperçoit toujours, s'éloignant le long de la voie, à la gare de Nanteuil-Saâcy, petit canari trottinant sur le quai, dans l'attente du train de 11H49 ; promesse de retour au nid de ce moineau fragile, dont le petit coeur affolé palpitait encore, sur la D 842, il y a quelques minutes.

C'était à VSD, en ces jours d'été où les grappes de randonneurs sont nombreuses, éléments d'un paysage en constant mouvement, qu'elles ponctuent de la lente mais régulière évolution de leurs colonnes ascendantes, sur le sein lourd des côteaux..
Par Michel Aêt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 3 août 2006
" Impasse du pré des papes "... c'est à Villiers-Saint-Denis, en entrant dans le village, venant de Charly-sur-Marne.

La plaque de rue est là, qui la signale au regard du passant.

Le pré s'aperçoit depuis la route au demeurant, au bout du petit chemin qui descend vers le fond de la vallée et porte ce nom qu'on imagine plutôt rencontrer dans le comtat venaissin qu'en Brie champenoise !

Alors, de quels papes peut-il bien s'agir ?

De magnifiques chevaux de labours, puissants et fiers, paissant là paisiblement naguère et qu'on aurait nommé ainsi, malicieusement ?

Ou d'un prélat ou simple écclésiastique qui y aurait été aperçu un jour s'y promenant et devint pape au fil du temps et de l'enrichissement du souvenir local de son passage, véhiculé de génération en génération ?

Peut-être le lecteur de ce blog viendra-t-il nous donner d'autres explications plausibles ou certaines de la dénomination de cette voie communale.
Par Michel Aêt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Texte libre

Villiers-Saint-Denis (VSD) : trois lettres en vert et or

Il y a des VSD en Scandinavie (une importante société norvégienne de consulting en logistique : http://www.vsd.no).

Il y a aussi, bien sûr, VSD, le journal (http://www.vsd.fr): titre de presse bien connu, qu'on lit aussi à VSD : comprenez Villiers-Saint-Denis !

Mais il y a d'abord pour nous " VSD, le village ", notre village de  Brie champenoise, dont l'église du XIIème siècle rappelle, avec son clocher incliné, l'Histoire médiévale de son peuplement.

Depuis 1970, Villiers-sur-Marne, dans l'Aisne, est devenue..."VSD", Villiers-Saint-Denis, pour se distinguer de son homonyme du Val-de-Marne mais aussi pour faire référence à l'invocation très ancienne à Saint Denis dont une statue du XVIème siècle est à découvrir dans l'église.

VSD : trois lettres en vert et or : vert comme ses vignobles en été, or comme ses blés mûrs à l'heure de la moisson.

Villiers-Saint-Denis, VSD, le village en direct, c'est ici...
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus