On ne fréquente jamais assez les cimetières... Celui de VSD notamment, dit le nouveau cimetière, pour le distinguer de celui qui
entoure notre église romane, est situé à la sortie du village, sur la route des fermes, en direction d'Essômes.
Poussez le portail : les tombes sont là, en surplomb des marais, ainsi que le monument aux blessés de guerre morts à l'hôpital de
Villiers, et que l'enfant qui m'accompagne compte attentivement, comme s'il faisait un devoir d'école : 128, 129, 130, ...
Sur la tombe d'Ovide DUCAMP, 1921-2006, de nombreuses plaques du souvenir rappellent que l'ancien maire de VSD a
marqué de son empreinte la commune : parmi elles, celle de Paul GIROD, Sénateur de l'Aisne, ancien président du Conseil général.
La tombe d'André BOCQUET, ancien médecin-directeur de l'hôpital de VSD et de son épouse est, quant à elle,
dépouillée, sans croix, sans rien d'autre que de courtes mentions d'état civil : celui qui donna conscience à notre village et ses habitants, à travers l'histoire de son château, qu'il publia peu avant sa mort, de la richesse du passé communal et des
personnalités qui le marquèrent au fil des siècles depuis le moyen âge, a fait le choix de la sobriété, conscient de la vanité des choses en ce monde :" vanitas vanitatis, omnia
vanitas"...
La présence obsédante de la mort incite en ce dimanche matin à ne pas trop s'attarder en ce lieu de mémoire, de peur d'atteindre à
la gaieté enfantine du petit qui est là, toujours à ses calculs d'écolier appliqué, face à l'obélisque commémorant les souffrances ultimes des blessés de guerre morts à
Villiers-Saint-Denis.
En quittant le cimetière, s'aperçoit, sur la tombe de Fernand RUELLE, patriarche viticole, fondateur de domaine, inlassable
travailleur qui fut paysan, aubergiste, vigneron, une photo : en noir et blanc, à l'ancienne : on l'y voit avec son épouse, il a l'air austère et soucieux, comme sur cet autre cliché qu'on peut
voir chez son fils, dans la cave à Champagne ouverte aux acheteurs, route de Bézu-le-Guéry.
À la regarder, on se met à penser au "laboureur et ses enfants" de Jean de La Fontaine et à cette sagesse
paysanne, empreinte de gravité, que le célèbre fabuliste castelthéodoricien a su faire parvenir jusqu'à nous...
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