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Mercredi 4 juin 2008

Nous poursuivons ici aujourd'hui les portraits de vignerons indépendants de Villiers-Saint-Denis, tels que le visiteur de notre village a la faculté de les découvrir, s'il franchit le pas de leur porte et vient acheter du Champagne de leur production, à domicile.

Après celui de madame HUVIER, puis ceux de messieurs GALLO et FETY-SIMART père, nous présentons le portrait de Pierre RUELLE avant de poursuivre cette série de croquis avec d'autres visages connus de viticulteurs villiérois, éleveurs d'un Champagne rare et réputé, issu d'un terroir exceptionnel puisque Villiers-Saint-Denis est l'un des plus méridionaux des villages de l'appellation contrôlée Champagne du département de l'Aisne.

Son microclimat le protège en effet des brouillards et lui garantit l'un des niveaux annuels d'ensoleillement et de luminosité parmi les plus élevés de toutes les communes appartenant au territoire d'appellation contrôlée Champagne.

Ce microclimat est au demeurant mis à profit de longue date par la profession médicale puisque le centre hospitalier  "la Renaissance sanitaire" accueille, dans le cadre du château de Villiers et de son parc, un important service de pneumologie, hérité d'un ancien sanatorium, type de centre de soins implanté, comme chacun le sait, dans des sites connus pour la qualité de leur air.


Chez Pierre RUELLE, viticulteur à VSD, on n'entre pas du premier coup : le portail derrière lequel deux chiens montent la garde, est fermé, laissant voir à travers les barreaux de métal noir un jardin soigné, fleuri avec souci de la composition, et, derrière, au loin, des vignes plein sud sur le coteau, impeccablement peignées.

Où sont les Ruelle ? Dans les vignes sans aucun doute, et il faut donc persévérer, venir sonner plusieurs jours de suite pour entrer dans ce saint des saints du vigneron qu'est sa cave de dégustation.

Chez Pierre RUELLE, pas de doute : le souvenir du patriarche, fondateur après-guerre d'un vignoble qu'il lèguera à ses 5 enfants, inspire les lieux.

Le portrait de Fernand RUELLE, né à deux pas de là, au 10  de la rue du pré Château, dont la vie se déroula à la Guilloterie, où il fut exploitant agricole éleveur, viticulteurs et cafetier, est visible des l'entree du client dans le caveau.

Photo en noir et blanc, qui laisse voir une certaine austérité, mais une apparente force de caractère aussi.

Son fils Pierre ne manque pas d'évoquer le souvenir du père, frère de Florimont RUELLE, son oncle, qui reste l'un des derniers témoins et acteurs de la résistance à Villiers-Saint-Denis.

Dans la famille RUELLE, l'enfance de ceux qui sont aujourd'hui à la tête des exploitations viticoles ou vont le devenir a été marquée par les récits de ces faits de résistance, racontés par ceux des leurs qui les vécurent, et qu'ils écoutaient, les yeux écarquillés On devrait penser au demeurant au village, à interviewer où faire interviewer par un historien Florimont RUELLE, aujourd'hui très âgé, et dont le témoignage enregistré puis retranscrit, constituerait pour les générations futures un legs précieux, permettrait de conserver une trace précise de cette période exaltante et dramatique.

Il y a chez les RUELLE un culte des ancêtres, un respect affiché pour leur mémoire, qui, ajouté à la présence de cette famille dans une partie du village, en direction de Bézu-le-Guéry, où plusieurs d'entre eux sont installés, en fait un exemple contemporain, devenu rare, de ces traditions familiales fondées sur le patriarcat et qui ont profondement marque l'organisation familiale dans de nombreuses régions de la France rurale au fil des siècles : il y à la-dessus des pages passionnantes d'Emmanuel TODD à lire.

Mais revenons-en au vigneron d'aujourd'hui, Pierre RUELLE : comme beaucoup d'hommes de la terre, il est économe de ses mots.

Ici, on ne parle pas pour ne rien dire. Il est agréable avec ses hôtes, le visage porte constamment l'esquisse d'un discret sourire caché au coin des lèvres, et l'on sent une vraie fierté de l'homme à présenter ses productions.

La cave, à laquelle on accède par le garage (un peu dommage !) du pavillon moderne qu'il s'est fait construire face au coteau qui porte une partie de son vignoble, est faite de 3 belles voûtes de pierre sous lesquelles sont rangées les bouteilles de brut, de tradition, de rosé (très coloré, rubis, au demeurant excellent), avec 2 ou 5 ans de cave.

La qualité est au rendez-vous, dans la maison de Champagne Pierre RUELLE, comme elle l'est dans chaque propriété du vignoble villiérois.

C'est à VSD et nulle part ailleurs...

par Michel AÊT publié dans : Figures locales
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Villiers-Saint-Denis (VSD) : trois lettres en vert et or

Il y a des VSD en Scandinavie (une importante société norvégienne de consulting en logistique : http://www.vsd.no).

Il y a aussi, bien sûr, VSD, le journal (http://www.vsd.fr): titre de presse bien connu, qu'on lit aussi à VSD : comprenez Villiers-Saint-Denis !

Mais il y a d'abord pour nous " VSD, le village ", notre village de  Brie champenoise, dont l'église du XIIème siècle rappelle, avec son clocher incliné, l'Histoire médiévale de son peuplement.

Depuis 1970, Villiers-sur-Marne, dans l'Aisne, est devenue..."VSD", Villiers-Saint-Denis, pour se distinguer de son homonyme du Val-de-Marne mais aussi pour faire référence à l'invocation très ancienne à Saint Denis dont une statue du XVIème siècle est à découvrir dans l'église.

VSD : trois lettres en vert et or : vert comme ses vignobles en été, or comme ses blés mûrs à l'heure de la moisson.

Villiers-Saint-Denis, VSD, le village en direct, c'est ici...
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